Une start-up suisse rend les engins de chantier autonomes grâce à l'IA
Gravis Robotics, une spin-off de l’EPFZ, développe un système permettant d'automatiser les engins de chantier. Cette technologie peut être installée a posteriori sur des engins de différents fabricants et de différentes tailles.
Sur les chantiers, le travail autonome pose des exigences nettement plus élevées que dans un environnement industriel contrôlé. La nature du sol varie, le terrain peut être accidenté ou escarpé, des personnes et d’autres engins se déplacent dans la zone de travail et des canalisations peuvent passer sous la surface.
Pour pouvoir travailler de manière automatisée dans ces conditions, Gravis Robotics combine différentes données provenant de capteurs. Des caméras et des senseurs saisissent l’environnement de la machine, tandis que les données d’exploitation de la pelleteuse sont analysées en parallèle. À partir des données environnementales, le logiciel génère un modèle tridimensionnel de la zone de travail. À cela s’ajoutent des informations provenant de la machine elle-même, par exemple concernant la charge du moteur.
Le système peut ainsi non seulement détecter où se trouve la machine et ce qui se passe dans son environnement, Il reçoit également des retours d’information sur le comportement de la machine et du sol pendant le travail. Cela correspond en quelque sorte à la perception d’un conducteur expérimenté qui, lorsqu’il creuse, ne se contente pas d’observer le terrain, mais tient également compte du bruit du moteur, des vibrations et de la résistance du sol. Sur cette base, le système de commande peut adapter en permanence ses mouvements aux conditions du moment.
Les anciennes machines peuvent être équipées a posteriori
Les machines dotées de cette technologie peuvent notamment creuser, niveler et charger des camions de manière autonome. Le système peut être intégré à des engins de chantier existants. Il est déjà utilisé sur des machines des marques Caterpillar, John Deere, Volvo, Hitachi et JCB. Selon l'entreprise, le système est déjà opérationnel sur des dizaines de chantiers commerciaux.
En matière de niveau d’automatisation, le système n’est pas non plus limité à un seul mode de fonctionnement. Avec le « Gravis Copilot », un opérateur reste présent dans la cabine. Le système l’assiste pour effectuer un travail précis et détecter les dangers. Une commande à distance est également possible. Au niveau d’automatisation le plus élevé, une machine peut effectuer des travaux de manière entièrement autonome.
De la pelleteuse de recherche au chantier
Les fondements de cette technologie ont été développés au cours de plusieurs années de recherche à l’EPFZ. Les chercheurs ont démontré le potentiel de cette approche à l’aide d’une pelleteuse autonome capable de traiter de gros blocs de pierre naturelle de manière autonome. En 2023, la machine a ainsi érigé un mur en pierres sèches de 65 mètres de long et de six mètres de haut. Aujourd’hui, la spin-off Gravis Robotics exploite cette technologie à des fins commerciales et, selon ses propres déclarations, est déjà présente en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine et en Asie. Fondée en 2022, l’entreprise emploie environ 80 collaborateurs.
La dernière levée de fonds illustre bien les attentes des investisseurs vis-à-vis de cette technologie : Gravis Robotics a reçu 200 millions de dollars américains de la part de Softbank. Ces fonds serviront notamment à déployer le système sur d’autres machines et chantiers.
Contribution de: Rédaction STZ/RTS
Source d'image: Gravis Robotics